Après l’effondrement du gouvernement, il n’y a pas eu de renaissance, ni de prise de conscience collective. Il y a eu un vide.
Un silence d’abord, puis le bruit.
Privé de structures, de règles et d’autorité, le peuple s’est retrouvé face à lui-même. Non pas uni, mais fragmenté. Chacun pour soi, chacun avec ses peurs, ses réflexes, sa colère. L’anarchie ne s’est pas installée comme une liberté nouvelle, mais comme une usure lente : pillages ordinaires, violences banales, méfiance permanente.
Les anciennes valeurs n’ont pas disparu d’un coup, elles se sont simplement révélées inutiles. Les discours ne protègent plus, les lois ne signifient plus rien sans ceux pour les faire respecter. Survivre devient une occupation à temps plein, et la morale un luxe que peu peuvent encore se permettre.
Ce n’est pas une histoire de héros.
C’est un constat.
Quand le pouvoir s’effondre, ce n’est pas le chaos qui naît — c’est ce que nous étions déjà, sans façade.
